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BALLON ROUGE

En préparant les jours meilleurs
OSER LUTTER !

La réflexion collective doit contribuer à trouver les voies qui feront à terme reculer le patronat et son pouvoir politique.

Ballon Rouge veut participer à cet échange pour préparer des jours meilleurs.

L’immense majorité de la population vivant en France, espère préserver les lois sociales actuelles malgré de notables insuffisances. Pourtant, contre cette volonté, depuis plus de vingt ans, allègrement pour la droite, honteusement mais efficacement pour la gauche, les grands acquis sociaux ont été rognés et remis en cause.

Au travers de l’attaque contre les retraites et la sécurité sociale, c’est un bond en arrière que nous pourrions subir. Désormais, si nous ne réagissons pas très vigoureusement, nous serons les premières générations à transmettre à nos enfants moins d’acquis sociaux que ce que nous ont laissé nos parents.

Voilà donc un système produisant spectaculairement toujours plus de richesses et générant aujourd’hui de la régression sociale. C’est une insoluble contradiction. La redistribution minimale ne résulte que de la contrainte. Elle n’est que le produit de tensions, de crises, de violences. Le mouvement spontané du capitalisme est de produire des inégalités. Plus sa domination est forte, plus les inégalités s’exacerbent.

Nous vivons une nouvelle étape de cet affrontement permanent. De longue date, l’appareil idéologique a préparé l’opinion publique à une inéluctable contre-réforme, permettant soi-disant de sauvegarder l’édifice social. Mais la résistance populaire est forte. Car comment faire croire qu’il faut travailler plus longtemps quand des millions de chômeurs sont exclus de l’appareil productif ?

En réalité ce sont les montants des retraites qui sont visés. Le patronat ne veut plus redistribuer les miettes des plus values. En échappant à la contrainte du prix social, il augmente ses profits. Et il prépare l’ouverture de l’eldorado des fonds de pension venus « au secours » de revenus insuffisants.

Cette offensive est coordonnée à l’échelle de l’Union Européenne. Les bourgeoisies espèrent régler pour solde de tout compte leur cauchemar des grands combats qui ont marqué l’histoire sociale du XX ème siècle en arrachant des droits élémentaires : droit au savoir, au travail, à la santé, à la retraite.

Elles veulent enterrer le spectre d’une alternative communiste.

Notre revendication est une exigence politique, une règle démocratique claire : les travailleurs doivent profiter des progrès et non en être les victimes. Le droit à une retraite décente est un besoin social. La collectivité doit en conséquence prendre les mesures pour l’assumer.

Et si nous vivons plus longtemps qu’au milieu du XX ème siècle, tant mieux !

Ce n’est rien d’autre que le résultat du labeur général. Les travailleurs profiteront un peu de la vie.

Le refus du plan Fillon n’est pas un simple conflit social. Il s’agit d’un affrontement de société. Il a été abordé dans des positions très défensives. Les travailleurs du secteur privé ont été sanctionnés depuis 1993 dans la quasi indifférence générale et par leur propre immobilisme.

Raffarin a choisi le moment qu’il considère opportun pour lancer l’offensive. Il s’est appuyé sur le prestige acquis opportunément par Chirac, dans son opposition à la guerre contre l’Irak, pour couvrir ses mauvaises actions. Le tir groupé des réformes des retraites, de la sécurité sociale et de la décentralisation exprime l’arrogance de la droite.

Pourtant, au delà des apparences, ce pouvoir n’est pas si assuré qu’il veut le faire croire. Il résulte d’événements particuliers. Minoritaire dans l’opinion, il contrôle totalement l’appareil politique et l’état. Il peut s’effondrer à tout moment, la situation est beaucoup plus volatile qu’il n’y paraît.

Le mécontentement est très profond contre les politiques gouvernementales accumulées dans l’alternance. Le développement de la pauvreté, de la précarité, du chômage de masse, les multiples difficultés dans tous les domaines de la vie ont créé des situations aux limites du supportable.

Mais aucun courant politique progressiste n’est capable d’organiser cet énorme malaise, cette révolte qui gronde. La protestation est rampante et ses directions, très incertaines. Prenons garde, la colère et les frustrations peuvent prendre des tournures irrationnelles.

La distinction actuelle gauche-droite n’a plus guère de sens. La gauche ex-plurielle, en débandade, n’est pas une perspective politique institutionnelle crédible.

Qui peut douter que sa réforme aurait été jumelle de celle de Fillon ?

Ainsi, nous assistons régulièrement à l’explosion de mouvements de masse puissants, mais qui faute de relais politiques n’aboutissent pas.

Il ne faut pas demander aux syndicats de compenser ce déficit et de tenir un rôle qui les dépasse.

Ils ont subi de plein fouet la crise politique. Tout en restant des bases de résistance dans les entreprises, ils n’ont plus ni ligne stratégique, ni les moyens organisationnels, ni la confiance de la masse des travailleurs. Chérèque et la direction de la CFDT ont définitivement choisi leur camp. Comment aujourd’hui la CGT affaiblie, désorganisée, peut-elle diriger un combat d’une telle envergure ?

Et comment demander à Thibault et Blondel ce que nous ne demanderons surtout pas à Hollande ou Buffet ? Ils fonctionnent pourtant sur les mêmes démarches idéologiques et politiques. Thibault par exemple, s’est construit l’image de l’expert cherchant à gagner en crédibilité dans les cercles du pouvoir. Fillon l’a d’ailleurs félicité pour son esprit de responsabilité !

Ce dont le mouvement de masse a besoin, c’est de tracer des perspectives, renforçant la confiance et l’esprit de combat.

On a beaucoup polémiqué autour du mot d’ordre de grève générale. Avec la réalité du rapport des forces, les conditions pour y parvenir n’ont jamais été réunies. Les dirigeants de la CGT, qui demeure le syndicat le plus influent, avec souvent les militants les plus combatifs à la base, n’ont pas su ou se sont refusés à préparer cet objectif.

Ils ont pratiqué en permanence la confusion démobilisatrice.

1° Il fallait bien préciser le cadre de cette lutte :

Þ abrogation des mesures Balladur et retrait du plan Fillon

Þ négociation pour une refonte de la protection sociale en taxant réellement le capital.

Þ opposition au projet de décentralisation concocté par le gouvernement

Þ élargissement du champ des revendications à la lutte contre le chômage, la pauvreté, la précarité pour construire l’unité.

2° la véritable bataille était de convaincre que la victoire était possible avec des moyens de lutte adaptés aux enjeux, pour créer un rapport de forces favorable. L’arme déterminante devient la grève générale, l’occupation des lieux de travail, le blocage de l’appareil de production. Si la grève générale ne se décrète pas au coup de sifflet, elle se prépare.

Tous les travailleurs, et tous les « laissés pour compte » de la crise sociale doivent s’exprimer. C’est un immense débat qui doit animer le peuple, c’est la mise en marche de la mobilisation.

3° les syndicats sont peu influents, les syndiqués très minoritaires. Donc la décision de lutte ne leur est pas exclusive. Il faut développer, Marseille en a fait l’expérience, les coordinations d’entreprises entre syndiqués et non syndiqués. Apprendre à fonctionner à leur rythme. Et les grèves décidées dans des A.G. représentatives doivent être dirigées par des comités de grévistes élus.

4° On nous a intoxiqués avec la soi-disant disparition de la classe ouvrière. C’est faux ! Elle produit toujours les richesses de ce pays, mais elle est divisée. Nous constatons le fossé entre le public et le privé et le danger de liens insuffisants entre travailleurs français et immigrés. De manière générale, femmes, hommes, retraités, chômeurs, travailleurs de toutes les catégories, dans les statuts les plus divers, de l’ouvrier à l’ingénieur, étudiants, lycéens doivent être solidaires, conscients de leur communauté d’intérêt. L’unité de classe est essentielle et souvent indépendante de l’unité des appareils syndicaux.

5° Si nous lancions une grève avec seulement la zone Nord de la France, la stratégie paraîtrait ridicule et suicidaire. Il en est de même, quand les directions syndicales se refusent à appeler à la conjonction des luttes au niveau de l’Union Européenne. C’est pourtant à cette échelle que nous pouvons mettre en échec l’actuelle stratégie patronale..

6° Malgré l’hostilité aux projets gouvernementaux, la grande majorité des travailleurs ne s’est pas engagée dans la lutte. Les défaites des décennies écoulées sont un frein, il faudra rompre cette spirale. Chirac et Raffarin sont des vainqueurs précaires et provisoires. On assiste aussi à une véritable débandade stratégique des directions syndicales, la CGT et Thibault en tête. Cette grande bataille va avoir des conséquences opposées.

L’échec pourrait renforcer le camp du découragement, de la fatalité, du repli sur soi, du rejet de la lutte collective. Mais avoir osé lutter est déjà une immense victoire, d’autant que le combat a vu naître de multiples débats où se sont forgées de nouvelles prises de conscience. Nous y avons trouvé la preuve que ce pouvoir est faible si tous les travailleurs s’unissent. En atteste son recul, même partiel, sur la décentralisation dans l’éducation nationale.

Désormais, il est évident que le mouvement social doit devenir beaucoup plus autonome par rapport aux appareils syndicaux actuels, et trouver des formes d’organisation complémentaires.

Les luttes massives, même inabouties, annoncent des luttes plus amples, plus inventives, plus déterminées.

Elles permettront de rendre espoir au combat politique. Le combat politique donne leur sens à la défense des revendications quotidiennes et aux luttes sociales. Il encourage la prise de conscience du possible avènement d’une société beaucoup plus solidaire et juste. Il lie le présent au futur, le tactique et le stratégique.

Aujourd’hui aucune force ne peut assumer cette fonction. Pourtant une alternative politique est possible.

La résistance doit s’organiser dans un front uni de tous les partis, mouvements, groupes, associations et militants refusant la fatalité capitaliste.

C’est l’urgence qui nous guide.

Cette force pleine d’espoir était présente dans les grèves et les immenses cortèges des manifestants anti-Raffarin. Il faut la volonté politique de l’unifier.

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